Escalade militaire et attaques des Houthis en Arabie saoudite
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Les rebelles yéménites houthis ont mené une vaste offensive de drones contre des sites énergétiques saoudiens. Les frappes ont fait des dizaines de blessés et ravivé les craintes d'un embrasement régional.
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Les États-Unis ont annoncé mardi 8 septembre 2026 avoir détruit cinq pétroliers iraniens en représailles à l'attaque d'un navire de la marine américaine ces derniers jours. Plus tard, dans la nuit de mardi à mercredi, les Gardiens de la Révolution ont indiqué avoir ciblé une base américaine en Jordanie. En Arabie saoudite, une série d'attaques des Houthis du Yémen a fait 73 blessés civils dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite, a annoncé mardi la coalition menée par Riyad, alliée du gouvernement yéménite, qui a promis une riposte contre le groupe rebelle pro-iranien.
Les houthistes, soutenus par l’Iran, ont répliqué après avoir accusé lundi l’Arabie saoudite d’avoir bombardé différentes zones du pays, dans une guerre qui s’intensifie.

Par AFP Par Sofiane ALSAAR avec les correspondants de l'AFP au Yémen © 2026 AFP L'Arabie saoudite a dénoncé mardi une série de frappes des Houthis du Yémen voisin, et promis de riposter à ce qui constitue la plus importante attaque de ces rebelles pro-iraniens contre le territoire saoudien depuis plusieurs années. Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a vu "la main de l'Iran" derrière ces attaques, condamnées par l'ONU et l'Union européenne qui a estimé qu'elles "sapent la sécurité et la stabilité régionales". Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a replongé dans la guerre en juillet sur fond d'embrasement régional. Les hostilités entre rebelles et forces gouvernementales se sont intensifiées ces derniers jours, faisant plus de 500 morts depuis jeudi. Parallèlement à leur offensive sur le sol yéménite, les rebelles ont cette fois mené une vaste attaque en Arabie saoudite, qui dirige la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale. "Escalade significative" L'attaque a blessé 73 civils, dont des femmes et enfants, selon le porte-parole de la coalition. Pour Andreas Krieg, enseignant au King's College de Londres, elle marque "une escalade significative". Les Houthis ont frappé avec des dizaines de drones et de missiles le sud de l'Arabie saoudite, visant des sites du géant pétrolier Aramco à Abha, Najran, et Jizan, ainsi que la base aérienne King Khalid à Khamis Mushait, selon leur porte-parole militaire Yahya Saree. Cette opération a été menée en riposte à "121 frappes" menées par Ryad au Yémen ces trois derniers jours, a-t-il ajouté, la chaîne houthie al-Masirah faisant état de nouvelles frappes mardi. Ces nouvelles frappes accentuent la pression sur l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, déjà affectée par la quasi paralysie du détroit d'Ormuz. Les cours du pétrole montaient mardi, le baril de Brent, référence mondiale, se rapprochant à nouveau de la barre symbolique des 100 dollars. Le sud de l'Arabie saoudite, frontalier du Yémen, abrite d'importantes infrastructures pétrolières, notamment à Jizan où Aramco exploite l'une des plus importantes raffineries du royaume, déjà visée à plusieurs reprises depuis juillet. Selon Ryad, les frappes ont provoqué "des incendies sur plusieurs sites, entraînant l'interruption temporaire de certaines opérations". Les autorités ont diffusé mardi soir des images montrant des vitres brisées, des débris et des morceaux de métal tordus jonchant les rues, près de bâtiments endommagés. Le royaume "n'hésitera pas à se défendre", a prévenu le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane. L'analyste Andreas Krieg estime toutefois que la réponse de l'Arabie saoudite "restera probablement mesurée, privilégiant les frappes aériennes, le soutien en matière de renseignements et le renforcement des forces gouvernementales yéménites", plutôt qu'une attaque terrestre. L'ampleur des frappes saoudiennes de mardi au Yémen n'était pas connue mais celles de lundi ont notamment touché une prison dans le nord du pays, faisant 11 morts, selon un responsable provincial. La recrudescence des combats a contraint près de 20.000 personnes à fuir leur domicile, selon l'agence de l'ONU pour les migrations (OIM). Détroit stratégique Au coeur de ce regain des hostilités, figure le stratégique détroit de Bab el-Mandeb. Les rebelles avaient lancé jeudi une importante offensive visant à progresser vers les zones bordant cette voie maritime, qui relie l'Asie à l'Europe via la mer Rouge et le canal de Suez. Plus de 500 combattants des deux camps ont été tués depuis jeudi, selon un dernier décompte AFP, basé sur des chiffres des rebelles et des forces gouvernementales. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé mardi à des "mesures urgentes" pour désamorcer les hostilités au Yémen et en Arabie saoudite et protéger les civils. Le détroit a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule. Le Yémen est le dernier pays entraîné dans la guerre régionale déclenchée par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran fin février. Le cessez-le-feu en vigueur depuis 2022 avait volé en éclats en juillet. Depuis, les rebelles multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par le gouvernement yéménite. Ils ont également annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, et visé ses navires pétroliers et ses infrastructures. La guerre au Yémen, commencée en 2014, a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une crise humanitaire majeure.