L'UE et le Canada face à la menace américaine de Donald Trump
Aperçu gratuit
Face à l'isolationnisme et à l'agressivité commerciale de Donald Trump, la Commission européenne propose un rapprochement historique avec le Canada. Ce projet de membre associé et le soutien réaffirmé d'Emmanuel Macron visent à garantir l'autonomie stratégique des démocraties libérales.
La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous pour débloquer toutes les analyses comparatives, les archives et la recherche par mots-clés.
Voir les offres d'abonnementTitres de presse
Aucun résumé disponible.

Par Thibault Henocque A.Poussart, le Samedi 19 septembre 2026 à 08:35 La proposition de faire du Canada un membre associé de l’Union européenne a marqué le discours sur l’Etat de l’Union de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, mercredi à Strasbourg. Un message fort envoyé à Donald Trump mais un statut juridique à inventer et à faire accepter par les 27. C’est le débat de la semaine dans Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat. Mercredi matin au Parlement européen à Strasbourg, dans un discours fleuve sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne a pris de court tous les observateurs de la sphère européenne. En présence du Premier ministre canadien Mark Carney, invité pour l’occasion, Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne un membre associé de l’Union européenne. "Nous voyons le monde avec les mêmes yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique à la géopolitique", a expliqué Ursula von der Leyen, appelant à "créer une alliance pour le futur, vers la création d’un espace commun de prospérité et de sécurité économique". L’idée est de renforcer les liens avec ce pays alors que l’allié américain fait de plus en plus défaut aux Occidentaux, sur les plans commerciaux, sécuritaires et démocratiques. "Les Canadiens sont des partenaires fiables pour les Européens" "C’est un signal de solidarité avec le Canada qui subit une guerre commerciale très forte de la part des Etats-Unis de Donald Trump", analyse Dirk Gotink, eurodéputé néerlandais, membre du groupe du Parti populaire européen (PPE), au centre-droit du Parlement européen, interrogé dans l’émission Ici l’Europe, sur France 24, LCP et Public Sénat. "Le Canada est un partenaire fiable des Européens avec qui nous avons par exemple signé le CETA", accord de libre-échange, appliqué provisoirement par Bruxelles car il n’a pas encore été ratifié par dix Etats-membres. Le partenariat UE-Canada est également développé dans le secteur de la défense. Les Canadiens font partie de la Coalition des volontaires, ensemble de 35 pays soutenant l’Ukraine emmenés par la France et le Royaume-Uni. Ottawa bénéficie aussi du programme européen SAFE, qui offre 150 milliards d’euros de prêts pour des projets communs militaires. “La question qui est posée au fond est : “si les Etats-Unis ne sont plus avec nous, qu’allons-nous faire, nous les démocraties libérales dont le système est basé sur le droit ?” "Un message très fort envoyé à Donald Trump" Pour l’eurodéputée socialiste espagnole, Laura Ballarin, "l’UE et le Canada partagent les mêmes idées sur de nombreux sujets comme le climat, l’énergie, l'intelligence artificielle. Les Etats-Unis de Donald Trump ont montré plusieurs fois qu’on ne pouvait pas compter sur eux. Ce discours de la présidente von der Leyen en présence de Mark Carney a envoyé un message très fort à Donald Trump." Un message qui a été clairement mal reçu par le locataire de Washington. Jeudi matin, Donald Trump a dénoncé "un acte hostile". "S’ils font cela, j’imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l’Europe". Réponse immédiate de Mark Carney, lors de son discours à Strasbourg devant les eurodéputés : "Personne ne dictera au Canada avec qui il peut signer des accords". Un statut juridique de membre associé à inventer Une partie des députés européens ont accueilli cette annonce canadienne avec plus de scepticisme, notamment parmi les élus du Rassemblement national, à l’image de Virginie Joron, sur le plateau d’Ici l’Europe. “Je ne comprends pas trop cette démarche, car à 27 Etats-membres on a déjà du mal à se faire entendre. Et puis le statut de membre associé on ne sait pas ce que c’est, il faudra voir ce qu’il y a dans les tiroirs…” Actuellement, il n’existe pas de statut de membre associé dans les traités de l’Union européenne, même si certains pays ont déjà des liens juridiques étroits avec les 27. Par exemple, l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein appartiennent à l’espace Schengen, à l’intérieur duquel les déplacements s’effectuent sans contrôle aux frontières. Ces quatre pays appliquent également, à périmètres variables, les règles du marché unique qui favorisent la libre circulation des marchandises. Les 27 seront-ils d’accord ? Ursula von der Leyen a surpris son monde avec cette proposition y compris les capitales européennes dont beaucoup affirment n’avoir pas été mises au courant. Néanmoins, il semble probable que Paris et Berlin aient donné leur aval avant l’annonce. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait déjà posé sur la table en mai dernier l’idée d’un statut de membre associé pour l’Ukraine, une sorte d’étape intermédiaire avant son adhésion à l’UE. Emmanuel Macron, lui, avait déjà prévu une visite de trois jours ce week-end à Saint-Pierre-et-Miquelon, aux côtés du Premier ministre Mark Carney, sans doute pour soutenir le renforcement de cette alliance UE-Canada face à Donald Trump. Retrouvez l'intégralité du débat dans "Ici l'Europe" , avec Caroline de Camaret (France24) et Thibault Henocque (LCP). Lire l'article complet sur LCP.fr

Par TV5MONDE avec AFP Le président français Emmanuel Macron est attendu ce samedi 19 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon, à une vingtaine de kilomètres des côtes canadiennes de Terre-Neuve. Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui l'y rejoint dimanche, sera le premier chef de gouvernement de son pays à se rendre dans l'archipel. Début septembre, le président américain Donald Trump l'avait inclus dans une carte couverte de la bannière étoilée. Le président français Emmanuel Macron est attendu ce samedi 19 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon, à une vingtaine de kilomètres des côtes canadiennes de Terre-Neuve. Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui l'y rejoint dimanche, sera le premier chef de gouvernement de son pays à se rendre dans l'archipel. Début septembre, le président américain Donald Trump l'avait inclus dans une carte couverte de la bannière étoilée. Emmanuel Macron se rend du samedi 19 au lundi 21 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon , petit archipel français isolé mais stratégique aux confins de l'Atlantique Nord. Au côté du Premier ministre canadien Mark Carney, il y affichera l'unité du Canada , de la France et des Européens. Il y affirmera également la "souveraineté des nations" face aux coups de boutoir de Donald Trump. Le président français tentera par la même occasion de répondre aux attentes des habitants de l'archipel. Ceux-ci cherchent un nouvel avenir économique depuis la fin de l'âge d'or de la pêche à la morue. Ils sont aussi en première ligne sur le front du changement climatique. Le chef de l'État est attendu samedi soir sur l'île Saint-Pierre. Il y accueillera dimanche 20 septembre Mark Carney, qui viendra en voisin. Une vingtaine de kilomètres seulement séparent l'archipel des côtes canadiennes de Terre-Neuve. Aucun chef de gouvernement canadien ne s'y était rendu avant lui. "Souveraineté" , "autonomie stratégique" , "solidarité" : les deux dirigeants promettent de livrer un message fort face à un Donald Trump tonitruant. Le président américain considère cette partie du monde comme sa chasse gardée et menace régulièrement d'annexer le Canada comme le Groenland . Face à l'émergence de nouvelles "rivalités" , l'Élysée souligne que la France entend réaffirmer sa "présence géostratégique" , "aux portes des États-Unis et de l'Arctique" . Selon la présidence, les nouvelles routes arctiques sont aussi convoitées par la Russie et la Chine. Mark Carney reviendra tout juste de Strasbourg où il a acté un rapprochement majeur entre son pays et l'Union européenne, déclenchant la colère de Donald Trump qui menait déjà une guerre commerciale sans merci à Ottawa. Le président américain, jamais avare en polémiques, a aussi publié début septembre sur internet une carte couvrant de la bannière étoilée Canada, Groenland, Mexique et Antilles, qui inclut au passage Saint-Pierre-et-Miquelon. Le Canada et l'Europe sont "plus forts ensemble" , a martelé jeudi Mark Carney devant le Parlement européen , saluant l'idée de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de faire du Canada le premier "membre associé" de l'UE. Une "nouvelle trajectoire" pour l'archipel Emmanuel Macron aura de son côté à cœur de rappeler que Saint-Pierre-et-Miquelon fut le premier territoire français à passer sous le contrôle de la France libre en 1941 , sur ordre du général de Gaulle et contre l'avis des États-Unis, qui préconisaient une mise sous tutelle alliée. La dernière visite d'un président dans l'archipel, avant-poste français en Amérique du nord depuis deux siècles, à 4.300 kilomètres de la métropole, remonte à François Hollande en 2014. Avec ce périple, qui le mènera ensuite à New York pour l'Assemblée générale des Nations Unies, Emmanuel Macron aura fait le tour de la quasi-totalité des territoires français d'Outre-mer , de l'océan Indien au Pacifique. "Ce déplacement a pour ambition d'ouvrir une nouvelle trajectoire pour l'archipel" , à "10 à 15 ans" , et d'en faire la "base arrière d'une coopération polaire en lien avec le Canada et le Groenland" , relève l'Élysée. Your browser doesn't support HTML5 video. Plus petite collectivité française, avec moins de 6.000 habitants sur 240km2, Saint-Pierre-et-Miquelon concentre de nombreux défis: vie chère, éloignement de la métropole, port vieillissant et démographie en berne, faute de renouveau économique. "On a besoin de redonner un élan avec des projets d'envergure sur le numérique, l'aérien, le maritime" , a déclaré à l'AFP Annick Girardin, sénatrice de l'archipel et ancienne ministre des Outre-mer d'Emmanuel Macron, disant attendre des paroles "fortes" du président. Le chef de l'État sera accompagné des dirigeants des entreprises spatiales françaises Skynopy et Look Up ainsi que de SCLES qui a un projet de câble numérique entre la Bretagne et New York, avec une possible dérivation vers Saint-Pierre. Il va faire des "annonces" pour rénover le port de Saint-Pierre, par lequel transite l'approvisionnement de l'archipel et qui menace de s'effondrer. Pour remplacer le patrouilleur Fulmar, un vieux chalutier reconverti et seul bateau de la Marine nationale dans l'archipel, et pour financer la phase 2 du déménagement de Miquelon (600 habitants), où il se rendra. Ce chantier immense à l'échelle de l'archipel, tout juste lancé avec une douzaine de maisons construites sur un nouveau site 1,5 kilomètre plus loin, s'annonce long et il est loin de faire l'unanimité. "Le village (originel) sera encore là dans 50 ans" , "c'est beaucoup trop tôt" et la "moitié du village est réfractaire" , estime Stéphane Lenormand, député de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Loin de s’en tenir à des tweets de soutien aux candidats d’extrême droite, les trumpistes arrivent à peser lourd dans la politique européenne selon Melissa Bell, correspondante de CNN en France.